EXCLUSIVE MIX BY TYREE COOPER
2022-05-31
TYREE COOPER INTERVIEW & STAR WAX PODCAST 75
Même si Dj P-Lee Fresh est un pionnier du hip-hop des 80’s de Chicago, c’est seulement pendant la décennie suivante que la scène commence à se consolider. Mais Chicago est à l’origine du premier sous-genre. La hip house, fusionnant rap et beat house, voit le jour au milieu des années 80… Tyree Cooper débute sa carrière de producteur en 1986 et il enchaîne des tubes comme « Turn Up the Bass » sur le fameux D.J. International Records. Toujours impliqué dans l’internationalisation de ce courant, Tyree partage ses souvenirs à l'occasion du Star Wax 62 spécial hip-hop - disponible ici en full version PDF.
As-tu commencé par la house ou le hip-hop et as-tu des souvenirs de block party ?
J’ai commencé avec la musique house. Le hip-hop a toujours été cool, mais je préférais la house. Dans les années 80, j’étais
jeune et le mouvement hip-hop aussi. La musique house était la plus grande scène musicale à Chicago.
As-tu des souvenirs de tes voyages à Nyc ?
Je ne suis pas allé à New York jusqu’en 1988. Pour moi, c’était dingue car je regardais ces films hip-hop tels que Beat Street (1984), Wild Style (1982), Across 110th Street (1972), Black Caesar (1973)… pour n’en citer que quelques-uns et l’amour pour le disco l’a rendu encore plus existante. Le fait d’avoir rencontré et vu autant de Djs et producteurs légendaires était tout simplement impressionnant. Quand je suis allé à New York pour la première fois j’ai rencontré Teddy Riley, Afrika Islam, King Sun, Afrika Bambaataa, Public Enemy, Bobby Konders, Ed Lover & Dr. Dre (de Yo !MTV Raps), Prime Minister de B.E.T Rap City (Rap City était diffusé sur Black
Entertainment Television de 1989 à 2008 - ndlr) pour nommer ceux qui me viennent à l’esprit.
Le hip-hop c'était un moyen d'expression pour la jeunesse. Le message a évolué avec le gangsta rap dans les 90s. Penses-tu qu’il est sorti du mouvement hip-hop d’origine ?
Je vais dire ceci. Tout le hip-hop a un message de conscience sociale. Certains peuvent l'exprimer de manière très dure car c'est la réalité dans laquelle ils vivent en ce moment. Et certains se sont exprimés dans un format poétique différent comme ces poètes des années 60 et du début des années 70.
Apparemment, la hip-house était mal perçue par les gens des gangs ? Est-ce vrai ?
Ça ne m'a pas autant dérangé parce que, comme mentionné précédemment, j'ai commencé à m'impliquer dans la culture. Je discutais avec Afrika Islam et Afrika Bambaataa et les choses qu'ils m'ont dites à l'époque m'ont aidé à comprendre ce qui se passait réellement dans notre culture.
Comment est née la hip-house ?
Eh bien, en ce qui concerne l'origine du genre, tu dois demander à Dj Fast Eddie (producteur de musique house et hip-hop de Chicago - ndlr) qui a créé le concept. Pour ce qui est de mon implication dans le genre, c'était le fait que c'était quelque chose de nouveau et que je m’embarquais dans la culture hip-hop dans son ensemble. Alors, pour moi c’est venu naturellement. Au moment où le hip-hop était en plein essor, la house music l'était aussi. En fait toute la culture de la black music était en pleine ascension à la fin des années 80 via l’âge
d’or du hip-hop, de la house, techno et r&b.
Pourquoi la hip-house n’a pas perduré ?
Qui a dit que la hip-house n'a pas duré jusqu'à aujourd'hui ? Je veux dire, il y a eu de nombreux morceaux sortis qui ont tous les éléments de la hip-house, c'est juste que la plupart des entreprises et des maisons de disques n'ont pas mentionné au public quelle était la source musicale. Si vous volez du pain, vous n'allez pas communiquer sur le fait que vous volez du pain. N’est-ce pas ?
Pourquoi as-tu bougé à Berlin en 2001 ?
La raison pour laquelle j'ai bougé à Berlin n'était qu'une décision d’ordre logistique. Je voulais être plus proche de mes gigs qui étaient pour la plupart en Europe. J'aime Berlin et j'adore y vivre ! Il n'y a pas vraiment de similitudes mais l'ambiance et l'énergie de Berlin rappellent celle de Chicago. Tous mes amis que j'ai rencontrés en vivant ici sont tout simplement inestimables.
On dit qu'avant les genres étaient cloisonnés et qu'aujourd'hui les styles de musique se mélangent tous. Es-tu d’accord ?
Je suis d'accord dans une certaine mesure, mais les gens sont plus préoccupés par d'autres conneries que par la qualité de la
musique.
Tes Warehouse Wednesday mixes sont toujours riches en vocaux. Qu’en est-il de la house instrumentale ?
Je joue pas mal de house instrumentale. Mais lorsque tu veux connaître le nom d'une chanson, tu dois jouer une chanson vocale pour connaître le titre de la chanson. C'est juste difficile d'aller chez le disquaire et d'essayer de fredonner un instrument quand on ne peut pas bien fredonner ? C’est pour cette raison apparemment qu’il y a plus de voix dans mes mixes. Mais je joue aussi beaucoup d'instrus.
La house a-t-elle perdu ses dimensions éthiques et ne transmet-elle plus vraiment de messages... A-t-elle perdu "en maturité" comme le hip-hop ?
Je ne crois pas que ce soit vrai. Concernant la culture de la musique house, le niveau de maturité est toujours là. Le fait que la house et la culture club soient entrelacées, tu pourrais
te retrouver dans une soirée multi-genres et c’est à toi d’être suffisamment mature pour gérer ce dont tu es témoin.
En France et en Europe, la scène clubbing house a plus de succès que celle du hip-hop. Qu’en penses-tu ?
Je pense que c'est juste lié au goût musical propre à chacun. J'aimerais dire que la scène house a plus de succès que nos cousins hip-hop, mais c'est juste dû à un ressenti personnel.
Pour toi, comment des producteurs sont-ils passés du hip-hop électronique à la techno et/ou la house ?
Prenons l'exemple de James Stinson, la moitié de Drexciya. Son premier album "Hyperspace Sound Lab" (91) sonnait hip-hop électronique... Je n'en ai aucune idée. Mais je n'exclurais pas ce concept.
Achètes-tu encore des vinyles ?
J'achète des vinyles partout où on en trouve, dans un Music Market ou un marché aux puces, chez un disquaire ou même en ligne, magasins d'occasion…
Quel titre de house représente Chicago ?
Beaucoup trop pour les mentionner. Disons “Can You Feel It” de Mr.Fingers, “Move Your Body” de Marshall Jefferson, “Jack Your Body” de Steve “Silk” Hurley, “Turn Up The Bass” de Tyree feat. Kool Rock Steady.
Quel titre de hip-hop te représente ?
“I’m a Hustla” de Cassidy et “Everyday Hustling” de
Rick Ross .
Es-tu toujous passionné de basketball ?
Oui, j’aimerai toujours le basketball ! Et je profite de chaque occasion pour aller faire des shoots sur un terrain de basket.
Si tu devais te téléporter, quelle période choisirais-tu ?
C'est une superbe question. Je ne sais pas si je me téléporterais réellement à une période spécifique. Parce que je pourrais changer le cours de mon histoire, et j'aime ce que j'ai fait dans ma vie. J'ai encore plus à faire...
Autre chose ?
L’Amour peut tout vaincre. Réparations à tous les FBA (Foundational Black Americans - ndlr).
TYREE COOPER PODCAST 75 TRACKLIST
01 Rocco Rodamaal - Tbt3 (Osunlade Remix)
02 Heatwave - Boogie Night -Word Dub
03 Ten City - My Piece Of Heaven
04 Louie Vega & Josh Milan- I Put A Spell On You (DJ Erv are-Touch)
05 Floetry - I Want You (Osunlade Remix)
06 Emmaculate- Voodoo
07 Corky Strong- Party Lights (da turned up to hot rework)
08 Oscar P - Let’s Get It
09 Glenn Underground - Happy Hour (Terry Hunter B*TCH Please Instr.)
10 Mortimer Sneed - Settle For My Love (Mstill Vocal Retouch)
11 Sean McCabe feat. Cinnamon Brown - It’s My Life
Interview by Sabrina Bouzidi / Photo by Marie Stagga