2026-09-17
TAMAL
Fraîchement sorti de l’adolescence, à Montpellier, le jeune beatmaker Tamal rencontre et sympathise avec Marcus. A Paris, leur chemin se croise de nouveau grâce à leur passion commune pour le reggae. La vie décide de sceller leurs destinées en formant un duo de producteurs et chanteurs. A partir de 2016 ils n’ont de cesse de travailler ensemble. Après cinq albums, la combinaison s’affûte, et propose « For All », douze plages récemment sorties en gatefold chez Big Scoop. L’album de la maturité ? Tamal nous explique le processus de va-et-vient entre sessions organiques et manipulations de software aux splendides studios La Kapsule.
Bonjour, bienvenu, un verre de ?
Bonjour ! Pour moi ce sera un café s’il te plaît !
Où es-tu né et as-tu grandi avec des vinyles à la maison ?
Je suis né à Cherbourg, mais j’ai grandi dans le sud de la France, à Toulon. Il y a toujours eu des vinyles, des Cds et des instruments chez mes parents. Je viens d’une famille nombreuse, je suis l’un des plus jeunes de la fratrie. On peut dire que j’ai eu la chance de découvrir plein d’artistes, plein de disques avec mes grands frères et mes parents, sachant qu’à l’époque sans internet ce n’était pas si évident. Dans ma famille tout le monde était amateur de musique, tout le monde en écoutait, un de mes frères jouait de la batterie, un autre du piano, des guitares traînaient à la maison, on était plusieurs à en jouer. Même si personne d’autre n’en a fait son métier, c’était l’un des centres d’intérêt communs chez nous.
Quand et comment deviens-tu accro à la musique ?
Accro à la musique, c’est le terme ! Pour moi, ça commence très jeune. J’ai le souvenir d’essayer de faire mes premiers enregistrements et mes premiers « morceaux » vers 8 ans, sur un vieil enregistreur cassette. Mais bon, c’était très rudimentaire, je ne savais pas franchement ce que je faisais. En sixième, j’essayais de faire des instrus et du rap avec mes potes. Après, ça a continué et je me suis mis à la guitare, j’ai commencé à composer mes premières chansons à l’adolescence. Et vers la fin du lycée, j’ai découvert les boîtes à rythmes et les synthés et je me suis mis à faire de l’électro. Là j’ai commencé à faire de la musique un peu plus sérieusement. J’ai monté un live, et j’ai essayé de me faire un son, j’ai fait mes premières prods avec mes machines, et des instruments que j’intégrais. Je devais avoir 17-18 ans quand je me suis penché là-dessus, et clairement, c’est ce qui m’a mené à m’intéresser à l’enregistrement, la production et à tout ce qui va suivre. Ça devient petit à petit un peu comme une obsession, et je décide d’en faire mon métier. C’est pour ça que je monte à Paris en 2009 pour faire une formation d’ingénieur du son. Ça m’a semblé être une bonne porte d’entrée dans ce milieu.
Marcus et toi c’est une longue histoire. Comment vous rencontrez-vous ?
Ça remonte ! Avec Marcus, on se rencontre vers 18-19 ans à Montpellier, on se croise dans des soirées avec des potes qu’on a en commun. Comme on fait tous les deux de la musique, on connecte directement, on sympathise bien. On fait un peu de musique ensemble mais, à cette époque, on n’aboutit pas encore à une vraie collab. Et c'est peut-être un ou deux ans plus tard que, totalement par hasard, enfin pas tant par hasard, je monte dans le métro à Paris après un concert d'Israël Vibration au Cabaret Sauvage et on se retrouve collés face à face ! Lui aussi sortait de ce concert. Entre-temps, j'habite à Paris, je suis dans une école d'ingénieur du son dans laquelle j'ai accès à un studio. Et du coup, je lui propose assez directement et instinctivement de venir au studio pour faire du son avec moi. Et c'est là que tout commence vraiment avec Marcus. Dès le lendemain on se rappelle, on se capte et on commence à faire des morceaux de reggae ensemble. À l'époque « Rise Up », « Hata Fayah », « Jah is Real ». Et voilà, il vient enregistrer dans mon école, je fais poser mon frère à la batterie sur les morceaux. On arrive à monter des prods tant bien que mal, au niveau qu'on avait à l'époque, et on les met sur YouTube nous-mêmes, sans label, sans personne. De là, se crée un bon petit engouement. Nos potes, les gens autour apprécient les morceaux, c'est super chouette. C'est à cette période qu'on rencontre Ugo Frézal, le premier manager de Marcus qui a lancé tout ce projet professionnellement, j’ai envie de dire, et qui à ce moment-là monte une équipe de musiciens pour commencer à faire des concerts. Pendant les années qui suivent, chacun trace un peu sa route, roule sa bosse, voyage, etc. On a attendu notre heure et on se retrouve finalement pour faire « Enter A Space » puis « Chanting » et ainsi de suite !
Tu as connu les dernières heures du mythique studio Davout, une anecdote ?
En effet, c'était mythique. J'ai commencé là-bas comme stagiaire à servir des cafés et j'ai fini ingé sur des grosses sessions. J’y ai passé presque dix ans, jusqu’à sa fermeture. Difficile de choisir une seule anecdote, parce que là-bas, chaque journée en comptait une, chaque objet était chargé d’histoire. J’ai assisté à des enregistrements d’albums mémorables, d’orchestres philharmoniques pour des musiques de film, croisé du beau monde…Il y avait quatre studios, ça vivait jour et nuit, c’était fou à vivre du haut de mes 20 piges. Mais si vous voulez du mythique, perso je dirais l'enregistrement et la réal de l'album « Chanting » de Marcus Gad avec la Tribe, qu'on a fait dans le studio B. Pour nous à l'époque, c'était vraiment quelque chose ! Tu rentres dans ce studio et par exemple tu préviens le claviériste que Ray Charles a joué avant lui sur le piano, ça paraît bête mais tout de suite ça met quand même un petit step. Et je crois qu’au troisième ou quatrième jour, la porte du studio s'ouvre, je râle en plus parce qu’on était au milieu d’une prise, et qui on voit débarquer dans le studio… Mister Ken Boothe, qui vient pour capter la vibe, qui se pose pour écouter les enregistrements et qui nous donne une grosse force sur l'album. Il m'a même fait une espèce de leçon de mix, c'est parti sur la SSL en mode « More kick ! More bass ! » C’est un bon souvenir, une bonne anecdote et, pour résumer, il y a eu une vibe légendaire à Davout pendant toutes ces années, et j’ai eu la chance d’avoir fait mes armes là-bas, avec celui qui a été mon mentor, Laurent Jais, et qui est aujourd’hui l’un de mes associés à la Kapsule.
A partir de quand avez-vous votre studio à Montreuil et qu’est-ce qui change dans ton travail, passes-tu au 100% analogique ?
On est à Montreuil depuis l’été 2022, mais je suis avec la même team depuis l’époque de Davout. Elle s’est juste enrichie au fil des ans. En fait à la fermeture de Davout, avec l’équipe de Laurent, on a fusionné avec le studio Muséum dans le Xème. On y est restés presque deux ans. Puis on s’est installés dans un endroit plus grand qui nous correspondait mieux et on a monté le Stereobox studio dans les locaux de la Seine 2, dans le XXème. Une fois n’est pas coutume, trois ans plus tard, le bâtiment a été vendu aussi et on a dū rebouger. On nous a alors parlé du Studio la Kapsule, que Fred Praslicka avait ouvert au moment du Covid. On a débarqué avec tout notre matos, on a construit le studio B, fait l’acoustique, bien équipé le studio A. Il n’y a pas eu tant de changement pour moi parce que je connaissais déjà le matos, notamment la console SSL 4000G qu’il y avait à Davout. Et voilà aujourd’hui on est six associés à travailler dans ce super lieu ! Concernant l’analogique, je ne suis pas de la team 100% analogique. On a tout ce qu’il faut pour le faire mais ce n’est pas ma démarche, je me sens trop limité. Je reste dans une config hybride, avec le meilleur des deux mondes !
Chines-tu des vinyles et si tu ne chines pas de disque, qu’écoutes-tu en ce moment ?
Alors ce n’est pas dans mes habitudes de chiner des disques, j’avoue que je traîne plus sur les plateformes. J’écoute plein de choses, je suis à l'affût des sorties et, clairement, la scène jamaïcaine reste la référence. Il faut dire qu’elle est particulièrement prolifique et inspirante ! Pour ne parler que de quelques uns, cette année j’ai par exemple été touché par la production du dernier album de Chronixx, qui est à contre-courant, j’aime aussi beaucoup le mélange moderne roots qu’ils réussissent à faire sur les morceaux de Protoje, le son et l’approche de Zion I King, mais je suis aussi sensible à des prods totalement digitales et minimalistes comme ce que peut proposer Biga Ranx.
Dans tes compos, es-tu influencé par le sampling ?
Je pense qu’on est influencé par ce qu’on écoute et c’est sûr qu’énormément de big tunes sont basées sur un sample. Ça peut permettre de faire revivre une vibe ou un hook gravé dans l’inconscient collectif, et d’en faire quelque chose de frais et de nouveau. Mais ce qui me parle le plus, c’est surtout les sonorités et les techniques de prod qui en découlent. Je suis influencé par le sampling dans la manière dont j’édite et produis les prises, comme si j’essayais parfois de resampler les enregistrements. Mais perso, je ne base jamais ma compo sur un sample, je suis plus de l’école instrument et studio d’enregistrement.
Dès 2018 avec « Children’s Song », Marcus et toi proposez une musique qui n’est pas une copie à 100% de celle reggae jamaïcaine. Aviez-vous déjà une vision artistique précise ?
Précise, je ne sais pas. Mais en tous cas la volonté de trouver notre son, notre patte, de s’inspirer sans faire des choses déjà entendues. On faisait du reggae, on aimait le reggae jamaïcain, donc c’est l’influence première ça. C’est clair. A l’époque, je travaillais déjà avec beaucoup d’artistes d’origines différentes, et dans ce morceau j’avais envie d’une vibe dansante, de quelque chose de plus universel. C’est Mike Dibo qui a joué la drum, un batteur que j’adore, et on a fait chanter une chorale d’enfants de Calédonie. L’ensemble donne une couleur world music au morceau. La vision artistique c’était essentiellement de faire des morceaux comme on les sentait, comme on les imaginait ; faire notre musique, expérimenter un style, un beat, une manière de mixer et apporter comme ça notre pierre à l’édifice.
En 2019 avec « Enter A Space », vos morceaux sont entre reggae roots et quelque chose d’hybride. Ça évolue. Peux-tu nous expliquer comment votre démarche a encore évolué jusqu'à aujourd’hui avec le nouvel album « For All » ?
Je pense qu’il y a eu une vraie alternance entre deux façons de travailler. Avec « Enter A Space », on était dans une approche très produite, très cinématographique, avec beaucoup de travail sur les textures, les arrangements et l’esthétique du son. C’était vraiment le côté Marcus Gad meets Tamal. Ensuite, avec « Chanting », on a pris un chemin un peu différent : on avait envie de retrouver le groupe, la Tribe, de jouer live, de capturer une énergie plus organique et plus naturelle. Puis sur « Brave New World », on est revenus vers une approche beaucoup plus hip-hop, digitale et produite, avec très peu de prises live. On est vraiment sur une alternance, puisqu’après ce dernier on repart, avec « Ready For Battle », vers le groupe et vers une approche plus live. Au fil de ces albums, on s’est rendu compte qu’on avait finalement deux univers qui coexistaient : celui de la production, avec une esthétique très affirmée, et celui du band, plus organique et spontané. Avec « For All », je crois qu’au fond, l’idée était justement de ne plus choisir entre les deux. On a voulu faire fusionner ces approches. Avec Marcus, on a beaucoup travaillé les productions et les arrangements en amont. On a peaufiné les démos comme jamais on ne l’avait fait auparavant. Et ça nous a justement permis, une fois en studio avec les musiciens, d'être vraiment focalisés sur la performance et l'esthétique des prises de son. Selon moi, c'était un peu l’aboutissement : garder notre travail de production et notre attention au son, tout en laissant une vraie place au groupe, à l’humain. On a essayé de trouver le juste équilibre entre ces deux univers, ces deux directions artistiques. D’ailleurs, l’intro et le riddim de « Rally Round » ne sont pas communs pour du reggae roots, surtout l’intro a quelque chose de cinématographique et trip-hop.
L’intro et le riddim de « Rally Round » ne sont pas communs pour du reggae roots, surtout l’intro a quelque chose de cinématographique et trip-hop.
« Rally Round », à la base, c'est un riddim qui a été composé par Jean Hoareau et Franck Paulin, respectivement ancien batteur et clavier de Tribe. C’est un morceau qu’on joue depuis longtemps en live en tant qu’intro du show. On n’avait jamais enregistré et produit ce morceau et on s’est dit que ça pourrait être une super intro pour cet album-là. Mais du coup j'ai voulu apporter quelque chose en plus au morceau, pour accentuer son côté inaugural, en rajoutant une intro très cinématographique. Je pense que l’idée était de faire une intro qui ne laisse pas indifférent, qui mette l'auditeur directement dans un univers et dans un mood particulier, prêt à une écoute profonde et attentive. On a voulu aussi saupoudrer cette intro des différentes influences qu'on peut avoir, de ce qui nous inspire. On entend le Toutoute Kanak, un appel au rassemblement au son des cuivres, des claviers aux sonorités jazz éthiopiennes, et une vibe presque trip-hop comme tu dis. C’est un petit condensé de nos univers, histoire d’annoncer la couleur
Peux-tu nous en dire plus sur le processus de composition, d’enregistrement, combien de temps avez-vous travaillé, etc.
Alors pour cet album, on a fait comme d’habitude, mais différemment selon les titres. C’était un long process. On s’est vraiment mis à fond dans le projet entre juin 2025 et janvier 2026. Généralement on se retrouve chez moi à Paris, on se coupe un peu de l’extérieur, on se met dans une bulle pour vraiment se mettre dans le projet. Avec Marcus, on passe d’abord beaucoup de temps à discuter de nos envies, de la vie, de ce qu’on aimerait faire, des intentions qu’on veut mettre dans l’album. On essaye de se faire rêver, de se mettre dans ce mood créatif ensemble. Et ensuite c’est parti ! Je me rends compte au fil des albums que notre manière de bosser ensemble est assez particulière, et qu’on a nos habitudes. Marcus vient souvent dans le studio checker la vibe, il repart avec un riddim dans ses oreilles et va dans la cuisine écrire son texte pendant des heures. Il revient ensuite en me disant : « Ecoute ça ! ». Et il se met directement sur le micro. Souvent, il attend d’avoir vraiment quelque chose de bien avant de venir poser, donc la plupart du temps je prends ma tarte et on est super contents ! Et c’est comme ça qu’on avance. Marcus commence à écrire sur le riddim, il va trouver un refrain, un hook, parfois le morceau en entier, et ensuite je me remets à travailler sérieusement sur les arrangements et sur la prod du titre. Je programme les batteries, je fais les grattes, les basses, les claviers, je construis ma sauce. Il y a aussi des moments où on bosse vraiment ensemble, mais on essaye généralement de se mettre dans ces genres d’ateliers, et dans ces moments là l’horloge n’existe plus ! On a aussi bossé sur quelques riddims apportés par des musiciens du band comme Jean Hoareau, Raphaël Baldy, Franck Paulin. On a charbonné nuit et jour, sur plusieurs sessions, pour sélectionner douze titres et être vraiment contents de ce qu’on allait envoyer aux musiciens. Ensuite, on s’est tous retrouvés aux studios La Kapsule. Marcus était bien sûr là aussi ! On a réenregistré les riddims, toutes les parties, avec différentes techniques d’enregistrement selon les morceaux. On a aussi enregistré les cuivres, avec Guillaume ‘Stepper’ et Didier Bolay, les légendes des cuivres reggae ici ! Et ensuite, on est entrés dans une vraie phase de production. Entre les démos et les enregistrements, on a fait un savant mélange de tout ça. J’ai retravaillé les sons, les arrangements, pour vraiment essayer de trouver les esthétiques et les sons propres à chaque morceau, quelque chose de particulier et qui nous ressemble. On a ensuite fini les sessions par trois jours d’enregistrement des voix de Marcus, juste lui et moi. Après ces trois jours, il y a encore eu une dernière phase de production et de finition de l’album, avant le mix dans le Studio B. Et ensuite Alexis Bardinet s’est occupé du mastering.
Je sais que c’est une question difficile : quel est ton titre favori et pourquoi ?
Dur de choisir un titre favori, mais je dirais « Shine a Light » - vidéo ci-desous. Il est moins reggae, du coup il sort du lot, plus soul, il a une esthétique et une énergie singulières, et la chanson est très belle. Marcus a vraiment donné une belle émotion et j’aime particulièrement le message. Je trouve que c’est un morceau réussi !
Pourquoi allez-vous à Bordeaux pour le mastering et Alexis Bardinet ne pense pas que 22 minutes par face compresse trop le son ?
Alexis, c’est quelqu’un avec qui j’ai travaillé très tôt dans ma carrière, il connaît bien mon travail. Il a un pur studio à Bordeaux, le Studio Globe Audio. J’aime la démarche du gars, qui prend soin de la matière qui lui est donnée. Pour la deuxième partie de ta question, je prends un joker et je lui demande justement son avis : « En effet, on préconise plutôt entre 19 et 21 minutes par face… Mais vu qu’on refait le mastering en analogique avec notre console, on peut à la fois faire un filtrage et des corrections adaptées, et l’Elleptical filter permet de suffisamment cadrer le grave de l’infra en mono, ce qui permet de garder un son optimum même sur des durées un poil longues ! ». Voilà, merci Alexis !
C’est la première fois que vous travaillez avec Big Scoop Records, c’est quoi le plus ?
Première fois qu’on travaille avec Big Scoop, et plus précisément avec Peter et Erica, big up à eux ! Le plus, vraiment, c’est d’avoir des gens qui croient en notre musique. C’est une belle équipe autour de nous, ils sont là depuis longtemps, puisque c’est la team de Naâman. On les connaissait déjà avant, et aujourd’hui, travailler avec eux, c’est quelque chose qui nous donne vraiment la sensation de passer un step. Ce sont des gens qui ont plus d’expérience que nous dans le milieu et c’est plus qu’un label puisqu’ils ont aussi repris le management de Marcus. C’est un travail global qu’on fait avec eux. Et puis c’est motivant pour nous de faire partie de leur aventure; ça nous donne envie de mettre la barre plus haut, d’avoir de nouveaux objectifs et de voir plus loin. On sent qu’il y a de belles perspectives d’avenir et une belle vision du projet, ça fait vraiment plaisir.
Que penses-tu des remixes et prévoyez-vous des remixes de cet album ?
En règle générale je pense que c'est cool! Je trouve ça chouette de faire vivre un morceau dans différents genres, pour une différente audience, avec des feats, ou qu’un morceau puisse être revisité par un autre producteur, c'est toujours intéressant. Ça n’est pas dans notre to-do-list, là tout de suite, mais il y a de fortes chances pour qu’on fasse des remixes dub ou des choses comme ça, oui. Et puis ça dépendra aussi des opportunités !
Accompagneras-tu le band en tournée ?
Oui, je suis aussi ingé FOH en live. Je tourne avec Marcus Gad bien sûr et la Tribe ! Je trouve que ça apporte un truc en plus de pouvoir produire des riddims, mixer les albums et les sonoriser ensuite en live. J'essaye d'apporter ma touche avec des effets dub en live, et de ramener un peu le côté production dans le live aussi. La tournée c’est une bonne partie de mon activité, je tourne aussi avec d’autres artistes comme Queen Omega, Johnny Osbourne, etc. En gros, si je ne suis pas en studio, je suis sur la route !
Plein d’autres artistes sont passés aux studios La Kapsule, as-tu un souvenir à partager ?
J’ai rencontré plein d’artistes à La Kapsule, mais pour n’en citer qu’un en particulier, j’ai kiffé produire l’album de Naijah & The Kwenu Band là-bas, Democrazy. Un pure énergie, le band en live, le soubassophone en guise de bassiste dans la régie ; une belle rencontre et beau partage ! Grosse session aussi qui me revient avec Queen Omega, Skarra Mucci et Manudigital dans le studio A, grosse vibe!
Sinon, as-tu fréquenté les clubs parisiens et les sound systems ou passes-tu toutes tes nuits en studio ?
Ça fait plus de 15 ans que je suis à Paris, donc j’ai eu l’occasion de faire pas mal de salles de concert, de clubs. J’aime toujours aller voir des concerts quand il y a une belle programmation dans une des salles que j’aime. Mais, clairement, si on me cherche il y a quand même plus de chances que je sois en studio.
Que manque t-il à Paris pour être ton paradis ?
La mer !
Pour finir, ton adage favori ?
« Less is more, but to get less you have to do more » une phrase que j’ai dû entendre de Rick Rubin et qui reflète bien ce que je vis en studio, je cherche la simplicité, la sobriété, et c’est ce qui est le plus dur à obtenir.
Interview et photos par snic