2014-04-15
SANTANA / THE THIRD ALBUM
Ce disque sorti en 1971 clôt avec brio la première période musicale de Carlos Santana initiée en 1969 avec le premier album éponyme. A sa sortie, le groupe est déjà bien rodé et connaît un succès immense. Leur apparition à Woodstock y a bien sur participé, mais c'est surtout l'originalité de leur musique qui a marqué les esprits : à l'époque, Santana est le seul groupe de latin rock existant.
L'arrivée de Neal Schon, « l'enfant prodige »
Le choix de chroniquer le troisième disque plutôt qu'un des deux premiers n'a pas été facile et c'est la présence de Neal Schon, jeune guitariste âgé alors de dix sept ans, qui m'a décidé. Quand Carlos Santana lui propose de rejoindre le groupe, le jeune prodige est tiraillé : en effet , au même moment, Eric Clapton lui propose d'entrer dans son groupe de l'époque Derek and The Dominos. C'est finalement Santana qu'il choisit. Il jouera deux solos remarquables sur « No one to depend one » et « Everybody is Everything ».
Jamais deux sans trois...
L'album est un condensé d'énergie rock mêlée aux rythmiques latines. L'ensemble du groupe s'investit à fond dans l'enregistrement et, chose rare, le produisent collectivement (en le finançant entièrement). La cohérence musicale est parfaite et la couleur générale est plus sombre que sur les deux premiers albums. La présence de la section cuivre du groupe funk Tower Of Power sur « Everybody's Everything » dynamise encore plus le son du groupe déjà bien gonflé par la présence de Neal Schon.
Cet album est un must trop longtemps resté dans l'ombre de ses deux grands frères, Santana I et Abraxas, et mérite d'être reconnu, à mon sens, comme un chef d’oeuvre, au même titre que ses prédécesseurs.
(Simon Ruber).