2025-08-27
REPORT ROUTE DU ROCK ETE 2025
Bulletin météo spécial la Route Du Rock été 2025 : un temps exceptionnel, du vent électronique et chaud venu d’Europe de l'est. Bilan : terres bretonnes enfiévrées. La 33ème édition de La Route du Rock près de Saint Malo accueillait le Danois Trentemøller et les Allemands de Kraftwerk. Rien de glacial dans leurs musiques et univers respectifs venant du nord. Bien au contraire, tout est puissance et intensité qui réjouissent et font monter la température dans l'atmosphère du fameux festival de Fort Saint Père, qui a eu lieu sous une douceur nocturne.
TRENTEMØLLER A LIVRÉ UNE FUSION FASCINANTE DE POP INDUSTRIELLE, NEW-WAVE ET SYNTH-POP QUI A TRANSPORTÉ LES FANS DANS UN VOYAGE SONIQUE.
Soutenant son dernier album, « Dreamweaver », Trentemøller de Copenhague a pris le contrôle du festival. Alors que la nuit pointait, Trentemøller et son groupe commandaient la scène, offrant une performance tout simplement envoûtante. Sans aucun doute, une expérience qui doit être vécue en direct.
Baigné de lumières d'un bleu profond et palpitant d'une énergie de new wave, la scène était prête pour une nuit inoubliable. Bien que rempli, le cadre n'a fait qu'augmenter l'anticipation, alors que la foule se préparait pour une performance puissante. Trentemøller et sa bande ont enchanté le public avec des visuels hypnotiques, des voix éthérées, des lumières éblouissantes, des grooves de batterie séduisants et des mélodies enchanteresses.
La musique de Trentemøller a couvert un vaste spectre émotionnel, passant de manière transparente de l'intensité du headbanging à la mélancolie apaisante. La performance était un remède parfait aux envies de sons industriels et d'atmosphères gothiques. La présence scénique du groupe était tout simplement dominante aussi !
L'énergie électrisante s'est poursuivie, laissant le public complètement envoûté par la fin de leur concert. Trentemøller et son groupe ont donné tout ce qu'ils avaient, ce qui leur a valu une ovation tonitruante. Dans l'ensemble, ce fut un live incroyable. Cette performance a été un témoignage du pouvoir brut et immersif de la musique live de Trentemøller.
KRAFTWERK, LES MACHINE MEN
A quoi s'attendre en assistant à un « concert » en direct d'un groupe électronique dont le nombre initial de membres est passé de quatre à un, les trois autres étant décédé et remplacé ?
À la manière typique de Kraftwerk, les seuls objets sur scène étaient quatre claviers sur des piédestaux soigneusement alignés avec une véritable précision allemande. Derrière se trouvait un grand écran. Il est 23h40, la nuit est là.
Les lumières se sont éteintes et l'équipe de Kraftwerk est montée sur scène.
L'imagerie choisie pour le grand moniteur derrière les artistes presque immobiles était à la fois du registre de l'ère informatique, des images d'archives et de synthèse. Des images d'antan pour les modèles du début du XXe siècle pour accompagner « The Model », des images ondulées cool pour Radioactivity, beaucoup de chiffres et de code binaire pour « Numbers » et « Computer World », et bien sûr, une animation d'une grande efficacité pour « Trans Europe Express » utilisant un style de motif Streamline Moderne très fort. C'est un style géométrique austère, élégant basé sur l'art déco mais sans tous les embellissements. Ces exemples incluent le célèbre paquebot de Normandie et ces dirigeables zeppelins représentés par des affiches qui en font la publicité au début des années 30. Le répertoire de Kraftwerk a toujours commémoré les progrès techniques du XXe siècle, une époque où les progrès des transports, de l'exploration spatiale et l'environnement de l'informatique étaient des merveilles. Les visuels sont déconcertants de simplicité, et terriblement efficaces.
Le son du concert était fabuleux. Au fur et à mesure que la performance s'élançait, elle augmentait progressivement en volume.
Kraftwerk a offert une prestation de près d'une heure trente : prenante, hypnotique, puissante, magistrale, de haute volée. Les compositions légendaires, ici revisitées, procurent la sensation de redécouverte, avec l'étonnement qui en découle. Electro glaciale et mécanique, parfois industrielle et résolument dub, qui sait se laisser happer par les rythmes syncopés et minimalistes, impossible de résister à l'univers spécial et éblouissant de Kraftwerk.
Danke schöne ! Wunderbar ! Tout est précision et fulgurance. La qualité exceptionnelle du son est du même acabit que l'éclat des images de synthèse derrière les quatre protagonistes. Tout est fascinant. Le quatuor robotique a su conquérir le public, à la fois concentré, captivé, expressif selon les moments.
La performance de cette nuit-là aurait été une expérience géniale si elle avait eu lieu dans un entrepôt, avec un sol sur lequel le public peut danser, ainsi que des espaces de détente pour s'asseoir et s'immerger dans les visuels d'une façon plus concentrée. Une date annoncée dans cette configuration-là ? Je prends mon billet les yeux fermés. Et le jour j, les écoutilles seront grandes ouvertes et les yeux tournés vers les machine men !
Merci aux équipes de La Route du Rock, aux bénévoles, à Ephelide.
Texte par Ambidextre / photos par Nicolas Joubard, Titouan Massé et Brice de la Marche.