2022-12-07
Digital - CD - Wax
MAÏA BAROUH “AÏDA”
À des années-lumière de certaines références hexagonales et de leurs concepts marketing fumeux, la musicienne franco-japonaise Maïa Barouh prouve que le renouvellement artistique n’est pas chose vaine. Prolongement du confidentiel « Kodama », « Aïda » confirme ce constat. Présenté au fil des mois au travers de vidéos efficaces, ce second chapelet bilingue rappelle notamment l’attraction exercée par le tissu culturel nippon. À l‘instar du versant pop d’un Ryuichi Sakamoto et sa réhabilitation des fabuleux chants d’Okinawa et des récents Minyo Crusaders et leur recyclage de l’illustre répertoire populaire min’yō, Maïa Barouh-interview ici- croise les thèmes et rythmes avec détermination. Epaulée par le multi-primé MaJiKer (Camille, Mélissa Laveaux…) la chanteuse et flûtiste cloue donc le bec aux machos via le percutant « Sushi », assume fièrement sa condition de métisse avec l’emblématique « Hafu » (vidéo ci-dessous), et résume bien l’entreprise présente grâce à l’ultra-addictif « ChinXoise ». Pourvue d’un timbre vocal habité, Maïa Barouh ne se contente toutefois pas de titres soutenus. La preuve avec « Ringo », une ballade où la pythie nomade engage un dialogue touchant avec son père, le regretté producteur et interprète Pierre Barouh. Sertie d’échantillonnages habiles, cette plage musicale fait écho au « Pollen », la carte envoyée au début des années 80 par le créateur de Saravah et les dandys de la nouvelle vague tokyoïte : chaudement conseillé par Star Wax. Plus d'info maiabarouh.com
Vincent Caffiaux