2014-07-16
ITW MATHIEU FONSNY /
BOOKER@DOUR FESTIVAL
Programmateur est l’un des métiers mal connu dans la musique et pour lequel il n’existe peu ou pas de formation. A l’occasion de l’ouverture du Dour 2014, en Belgique, nous avons voulu en savoir un peu plus sur le travail d’un des programmateurs de ce mythique festival qui accueil jusqu'à 180 000 festivaliers durant cinq jours. Entretien avec Mathieu Fonsny, homme de l’ombre qui n’a pas désiré s’exprimer sur les caprices de star ou le financement du festival mais qui nous a tout de même accordé quelques minutes de son emploi du temps chargé.
La Belgique et Dour en particulier, a été un pays précurseur dans l'organisation de festivals de musiques alternatives, comment expliquez vous cela?
Très tôt, la Belgique s’est mise à organiser des festivals et c’est exact, une vraie tradition de festivals est née chez nous. Je pense que tout cela est dû à plusieurs facteurs. Les belges aiment se rassembler et faire la fête, les belges sont curieux, la loi et les autorités belges permettent et tolèrent ce genre de manifestation ...
Combien de personnes sont chargées du line up ? Comment vous organisez-vous ?
Nous montons l’intégralité de la programmation, soit plus ou moins 230 groupes, à deux. Alexandre Stevens et moi-même. Alex (et avant lui, Carlo) faisait tout, tout seul avant que je n’arrive pour aider. On discute et débat sur chaque groupe en question, que cela soit du métal, de la techno, du reggae… Certains festivals ont des modèles où chaque programmateur use de ses affinités respectives, nous, on a décidé de tout faire à deux.
Depuis combien de temps collabores-tu avec le staff du Dour? Est-ce une famille soudée ou le staff se renouvelle t-il sans cesse ? Je crois que le fondateur n’est plus présent ?
Alors, je collabore avec le staff de Dour depuis 7 ans. Avec Forma.T, nous avions carte blanche pour la programmation chaque année. Ce n’est que depuis cette année que j’ai totalement intégré l’équipe. Oui, Carlo di Antonio n’est plus présent car il fait une belle carrière politique chez nous, il est devenu ministre. L’équipe est jeune et très dynamique.
Peux-tu nous parler du Battle Of Dour by Spray Can arts, est-ce une compétition de graffiti ?
Nous avons pensé un nouveau lieu cette année à Dour, le Terril. L’idée n’était pas d’ajouter une nouvelle scène avec une programmation comme on le fait déjà sur les autres scènes. Mais nous avons fait un appel à projet d’occupation du terril. Battle of Dour est un des projets, il s’agit d’une journée autour des disciplines du hip hop avec un mur géant de graffiti, des battles de Dj’s et de danse …
Le festival de Dour prend combien de ton temps dans l’année ? Travailles-tu sur d’autres évents ?
On commence à bosser sur la prog dès le mois de septembre … Et oui, j’ai toujours 1000 projets en tête donc je fais toujours un truc de près ou de loin.
Après plus de 25 éditions, y-a-t-il encore des artistes, des moments qui vous surprennent ?
Oui bien sur, tous les jours ! Je me réjouis à la lecture de médias comme Star Wax, à l’écoute d’artistes comme Future Islands, Chet Faker et du retour de NAS …
Ce jeudi 17 juillet Dour ouvre ses portes pour l’édition 2014. Qu’avez-vous imaginé pour surprendre les festivaliers qui viennent chaque année ?
Les festivaliers qui nous connaissent bien savent qu’ils ne seront pas déçus et que chaque édition réserve son lot de surprises ! La meilleure tête d’affiche de cette édition, c’est Dour ! Ce qui se passe ici est unique.
Es-tu toujours autant fan de rap français ? Et y-a-t-il une musique ou genre musicale qui t’insupporte ?
J’écoute toujours du rap et toujours du rap français. Je pense qu’aujourd’hui, l’évolution fait que les segments entre la techno et le rap sont moins radicaux. J’aime plutôt cette idée, les gens nostalgiques m’énervent… Aucun style musical ne m’insupporte mais je dois avouer que j’ai une mauvaise culture disco. Je n’aime que les classiques, ce que détestent les vrais amateurs de disco. Je ne sais pas par où m’y prendre pour me faire une culture disco, du coup, j’en écoute peu et les trucs nu-disco m’emmerdent un peu. Tout simplement, parce que je n’ai pas le bagage pour savoir d’où ça vient et comprendre cette musique.
Pour finir, fais-tu de la musique ou pratiques tu une discipline créative à coté ?
Oui, je suis dj (sous le pseudo Surfing Leons il offre en free download un mix spécial Dour ci-dessous, ndlr) et j’essaie de faire de la musique avec mon ordinateur.
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Line up Dour 2014 ici.
Interview par Laurent Cachet / Photos par Studio 808, Kmeron, Lisemai, Dorian Jespers, Chalalit.com, Grooveman, Mathieu Drouet, Ronan Thenadey et Romain S. Donadio.