INTERVIEW JAMES WILSON / | Star Wax Magazine

2015-02-19

INTERVIEW JAMES WILSON /

ILLUSTRATEUR DE "GHETTO MADNESS"

La seconde incursion du label Strut Records dans l'incroyable catalogue du label indépendant américain Dance Mania (Chicago) se concentre spécifiquement sur la souche ghetto house, variante acide de la dance music lancée par le label. La compile "Ghetto Madness" (chronique ici) propose une collection d'illustrations signée James Wilson, dont une superbe pochette qui concorde parfaitement avec la brutalité de la musique. Récemment, Stephen, le boss de Strut s'est posé avec James pour parler de sa première exposition, de ses influences artistiques et de la façon dont il procède pour créer de telles illustrations.


Plus tôt cette année, tu as illustré un article sur Dj Funk pour Crack Magazine (image ci-dessous). Avant d'être approché pour travailler pour Dance Mania: Ghetto Madness, t'étais-tu déjà intéressé à la ghetto house music ? Quel est ton rapport à la dance music ?
Avant Dj Funk et ce projet, Dance Mania, je n'avais aucune idée de ce qu'était la ghetto house. Cela dit, j'ai commencé à m'intéresser à la dance music dès l'adolescence avec des groupes comme Chemical Brothers et Prodigy. C'est grâce à la bande originale du jeu vidéo Wipeout 2097 et à d'autres trucs comme Orbital et Underworld que j'ai découvert ce style de musique. J'ai commencé à jouer de la guitare et à écouter de la musique plus "lourde" et ai perdu contact avec la dance music pendant quelques années mais aujourd'hui, j'écoute de la house régulièrement.
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La couverture et l'affiche que tu as réalisé pour Ghetto Madness sont explicitement sexuelles, ce qui est cohérent avec les paroles de la plupart des chansons. Y a-t-il d'autres manières dont le contenu musical a influencé ton approche artistique ?
La ghetto house est, selon moi, un style très brut et dépouillé et c'est cela que je voulais refléter dans mon travail. J'étais heureux de ce que j'avais fais sur Dj Funk plus tôt et je tenais à être dans le même esprit, c'est pourquoi j'ai décidé de rester dans le noir et blanc avec des lignes épaisses et du texte griffonné à la main.

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Avec quels outils travailles-tu pour illustrer tes couvertures et affiches ? Un simple stylo et du papier ?
J'esquisse mes illustrations au crayon, puis je termine le travail d'encre avec ma fidèle tablette. J'ai tendance à travailler de cette façon pour la plupart de mes projets, le dessin à la main me donne un peu plus d'expression tandis que le numérique laisse plus de place aux modifications.

Comic books, musiciens et films d'action semblent être des thèmes récurrents dans ton travail et tu as tendance à représenter ces derniers en forçant les traits de tes personnages, de leur personnalité, de leur vie… Considéres-tu que l'art est plus intéressant lorsqu'il est exagéré ?
Je vois énormément d'œuvres étonnantes chaque jour, principalement par le biais d'Instagram et de Behance. Je pense que le travail que j'apprécie et trouve le plus intéressant est l'art qui a été produit avec passion. J'aime les artistes qui ont un style propre à eux, qui délivrent quelque chose à propos de leur personnalité, bref, les artistes qui intriguent.

L'insert d'affiche pour Ghetto Madness présente plusieurs facettes d'artistes comme leurs tatouages. En portes-tu ? Si oui, les conçois-tu ?
Je n'ai pas de tatouages mais l'idée d'en concevoir me plait. Je suis quelques tatoueurs via les médias sociaux, c'est sans doute de là que cette idée m'est venue. Avant tout, je voulais que la jeune fille sur l'affiche ressemble à une dure-à-cuire et j'ai pensé que cela pourrait être un moyen intéressant de la mêler aux Djs.

Dance Mania: Ghetto Madness disponible en vinyle, cd, digital ici.

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Interview par Stephen Strut / Traduction par Enya Quéméner