2026-05-29
Digital - CD - Wax
DJ NOTOYA PRESENTS TOKYO PULSE
La scène musicale japonaise de la fin du vingtième siècle est riche de groupes et d’expériences diverses. On pense bien évidemment au précurseur Yellow Magic Orchestra, aux albums soli de Ryūichi Sakamoto et de son épouse Akiko Yano, ou aux travaux des Beatniks et à leur passion pour la contre-culture littéraire américaine. Amplifié par des pointures rock comme David Bowie ou le proche Iggy Pop (l’Iguane chantera « Risky » avec Ryūichi Sakamoto de sa voix majestueuse) ou par David Sylvian et Mick Karn, soit la correspondance londonienne de Japan, cet univers pétri de sonorités électroniques, de funk et de pop est aujourd’hui réhabilité par Dj Notoya - interview ici. Parue chez Wewantsounds, l’enseigne de rééditions désormais enviée par le public anglo-saxon, la compilation « Tokyo Pulse » inventorie ainsi des pépites au croisement des claviers en plein développement et du registre musical afro-américain. Empreinte d’une poésie jet-laguée, Naomi Chiaki offre une plage inaugurale un brin mélancolique : « Yoru E Isogu Hito » ; tout aussi séduisant, L-E-V-E-L dévoile, avec « Bagdad No Atari Nite », une ballade planante du meilleur effet ; Et Higurashi décline un soft-rock proche de Carly Simon ou du Fleetwood Mac sous emprise via « Anata Wa Doko Ni Irundesuka ». Force de ce disque, certains passages se distinguent par leur singularité. C’est le cas de GAM qui décline, un peu à la manière de Serge Gainsbourg avec ses nombreuses égéries, Edward Grieg grâce à « Lake In The Forest », un morceau extrait de l’anthologie « Aranjuez Wonderland ». Pourtant le pic de cette captation hautement recommandable reste Bread & Butter avec « Memory », une séquence groovy incroyable striée de percussions endiablées et de mélodies voisines d’un certain Stevie Wonder… Illustré par des notes éclairantes signées par Notoya, ce microsillon prolonge d’autres volumes du Dj dont l’entraînant « Tokyo Bliss » et le bien nommé « Funk Tide » : du bon boulot ! A streamer et acheter ici ou via le player ci-dessous.
Vincent Caffiaux