2024-06-03
SONOKA FESTIVAL / FOCUS
Sonoka festival aura lieu du 06 au 08 septembre au Château-Rocher, situé au cœur de l’Auvergne et des Combrailles à moins d’une heure de Clermont-Ferrand. Portée par l’association Totem Rituel fondée en 2022, cette première édition accueillera des références de la scène techno avant-gardiste et IDM telles que Marco Shuttle, Dasha Rush, Zadig, Paula Koski... Derrière l’organisation, Akim, anciennement programmateur et stage manager au sein du festival Château Perché, Léa, responsable communication et Pierre Paris, responsable logistique et sécurité, ont pour volonté d’intégrer une forte dimension écologique, sociale et sociétale à cet événement. L’équipe nous en dit plus sur les fondements du projet et ses valeurs ainsi que les barrières rencontrées.
Y a-t-il une anecdote derrière le nom « SONOKA » ?
Nous avons personnifié le festival. Sonoka représente une entité mystique, garante de la musique et de la nature. Il se trouve que « Sonoka » peut se traduire en japonais, « petit jardin parfumé et paisible ». Hasard ou pas…
Concernant la programmation, quel est le fil rouge pour cette première édition ?
L’idée de notre DA est de proposer une programmation alliant à la fois des artistes reconnus internationalement pour leur maîtrise du dancefloor tout en mettant en avant des artistes émergents et locaux qui se distinguent par leur approche musicale. Bien que majoritairement orienté autour de la techno et de ses variantes, les artistes que nous invitons sont connus et reconnus pour leur diversité de styles et d’approche. Selon nous, la timetable est un élément prépondérant dans l’organisation d’un événement, le fil rouge est donc composé de plusieurs chapitres, réalisés par chacu.n.e des intervenants.es , et des artistes. Et comme dans chaque histoire, le final se doit d’être grandiose : on annonce un final set par un ou une des artistes international.es invité.es et qui ne durera pas que trois heures…
La scène locale sera-t-elle mise aussi à l’honneur ?
La région Auvergne est un vrai vivier d’artistes dans divers genres. Nous avons vraiment à cœur de mettre en avant la scène locale avec des artistes venant des deux villes auxquelles nous sommes attachés : Clermont-Ferrand et Lyon. Nous aurons notamment le plaisir d’avoir avec nous : SYROB, fondateur, directeur artistique et résident du mythique One o One, un des représentants majeurs de la culture électronique du centre de la France. Nous aurons également avec nous le lyonnais Wild Aspect, platiniste vinyle d’expérience et de génie qu’il nous paraissait impossible de ne pas inviter ainsi que Sklaer, dont nous apprécions grandement la maîtrise et la diversité de genre.
Vu la programmation, attendez-vous à un public averti ?
Nous espérons attirer autant un public averti que faire découvrir à celles et ceux qui ne connaissent pas.
Juste par curiosité, quelle est votre définition de la musique expérimentale ?
Selon nous, la musique expérimentale est davantage une approche, une manière d’explorer en sortant des sentiers battus. Elle est donc, il nous semble, inhérente à l’évolution et l’exploration des genres. Nous apprécions notamment les travaux de Jonathan Fitoussi, Yoann Sanson pour ses recherches en musique acousmatique, ou encore toute l'œuvre de Vangelis... Mais difficile de choisir parmi tous les genres musicaux.
Comment avez-vous eu la chance de pouvoir organiser au Château-Rocher ?
En cherchant un lieu pour le festival, nous nous sommes rendus sur le site du château. Nous nous sommes regardés et nous avons tout de suite su que le festival devait avoir lieu ici. Il y a une certaine aura, autant grâce au château qu’à son environnement, qui fait que notre choix a été une évidence. Mais il manquait encore la décision de la mairie et de la communauté de communes, qui sont en charge du lieu ! Nous avons présenté le projet au maire et vice-président de la comcom, et cela leur a plu. Nous sommes fiers et heureux d’avoir établi une relation de confiance avec la municipalité mais aussi avec les habitants, notamment en organisant une réunion publique pour présenter le projet également à ces derniers, réunion qui s’est soldée par un très bon accueil et nous remercions les habitants pour cela.
"Nous proposons une expérience
intimiste essentiellement centrée
sur la programmation musicale et
vidéo ainsi que la mise en valeur
du territoire avec l’Agora. "
Combien de personnes attendez-vous ?
Notre capacité maximum est de 700 personnes. Nous proposons une expérience intimiste essentiellement centrée sur la programmation musicale et vidéo ainsi que la mise en valeur du territoire avec l’Agora. Notre souhait est de créer une seule et même expérience vécue par l’ensemble des festivaliers au même moment. Cette expérience sera d'ailleurs sublimée par Quentin aka LoupioT2O qui gère la scénographie ainsi que Neurotypique pour le mapping. Concernant l'installation sonore, on est super heureux de travailler avec l'équipe de Neighbor Hood qui régalent avec leur soundsystem ultra précis.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
Il faut penser à tout et surtout tout faire pour que l’accueil du public soit le meilleur possible : c’est notre priorité. La sécurité, un environnement bienveillant, la possibilité d’être libre sans encombre : c’est l’essence du festival et pour cela, il faut de la bonne nourriture, de la bonne musique, de la sécurité mais aussi tout le confort qu’un festivalier doit avoir.
Est-il plus difficile d’être rentable avec un Festival éthique et écoresponsable ?
Oui c’est plus difficile d’être rentable du fait des coûts incombés à la mise en place de certaines solutions en lien avec notre empreinte écologique. Nous avons heureusement recruté Rudy Guilhem-Ducléon, notre responsable environnement, qui fait un énorme travail pour que le festival soit le plus éco-responsable possible. Nous avons régulièrement des contacts avec lui en parallèle des étapes d’organisation : il nous est d’une aide précieuse. Nous avons pris la décision de mettre en place un parking payant (10 euros) afin d’inciter les festivaliers à utiliser soit le train et la navette auprès de notre partenaire On Tours ; soit en utilisant la plateforme de covoiturage Tribulive. En ce qui concerne les artistes, nous entrons bientôt dans la phase d’organisation des transports et nous avons à cœur de privilégier le transport par train.
Que revendiquez-vous ?
Une fête libre, engagée avec une attention particulière portée à l’accueil et au bien-être de tous les publics et ancrée dans son territoire. D’ailleurs, outre la musique, nous souhaitons mettre en valeur la région grâce à notre Agora, un village où plusieurs acteurs du territoire seront présents. Parmi eux, des exposants, des producteurs, mais aussi le Secours Populaire de Saint-Eloy-les-Mines avec lequel nous organisons une collecte de fournitures scolaires. Avis aux festivalier.es : glissez un stylo ou un cahier dans votre sac. De plus, afin de faciliter l’accueil des personnes en situation de handicap, nous avons fait appel à l’association de médiation et d’accessibilité à l’art et à la culture (AMAAC), qui sera présente tout au long de l’événement.
Comment voyez-vous les choses à moyen et long terme ?
Nous souhaitons inscrire cet événement au cœur du tissu culturel auvergnat. Nous aimons notre région natale, nous souhaitons la faire connaître au plus grand monde à travers les valeurs en lien avec la culture mais aussi de l’esprit local. Le Château-Rocher est un espace unique dans lequel nous voulons créer un rendez-vous annuel d’un public passionné, curieux et bienveillant.
SONOKA en 3 mots ?
Sonoka, elle est Musicienne, Intimiste, Engagée.
Interview par Sabrina Bouzidi / Photos (c)